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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 18:33

Il ya quelques années, nous avons fait donner un récital de piano (aux Variétés de Monaco) par un jeune Russe qui débarquait de son pays: Alexandre Moguilevski. Il jouait si bien que nous lui avions conseillé de se présenter aux Piano Masters de Monte Carlo, ce qu'il fit l'année suivant, arrivant jusqu'en finale. . . qu'il perdit au profit d'un autre Russe !
Mais cet article publié dans Le Monde du 30 novembre montre qu'il a fait son chemin. Nous nous en réjouissons et souhaitons partager ce plaisir avec vous.

Article paru dans l'édition du Monde datée du 29.11.09
Martha Argerich impose à Lyon son impérieuse inspiration.
Avec, à son côté au clavier, le jeune Alexandre Moguilevsky, la légende argentine a offert au festival Piano à Lyon une leçon d'acuité et d'autorité. <!--[endif]-->
Pour sa série de concerts, Piano à Lyon accueillait, ce 26 novembre, à la Salle Molière, pour la seconde saison d'affilée, la grande Martha Argerich. Un gage de confiance que la mythique pianiste argentine (née en 1941) accorde au jeune directeur artistique de la manifestation, Jérôme Chabannes. Ce Lyonnais de 35 ans a réussi à installer dans cette salle classée de 608 places à l'acoustique excellente, un rendez-vous musical majeur dans le paysage de la Région Rhône-Alpes, à l'instar du festival Piano aux Jacobins, à Toulouse, ou de la série parisienne Piano 4-Etoiles.
Martha Argerich aime jouer dans cette salle néoclassique (construite en 1904), dont l'esthétique aujourd'hui vieillotte mériterait certes une attention que le service d'équipement de la mairie de Lyon - qui en a la gestion - ne lui prête visiblement pas. Il n'empêche : le concert est complet, et le public conquis.
Cela fait longtemps que la « Lionne » ne vient plus seule au point d'eau du piano. A ses côtés, cette fois, le jeune et talentueux pianiste Alexander Moguilevsky, né en 1977 à Odessa, naturalisé belge en 2001, formé au Conservatoire de Moscou. Lunettes fines à la Harry Potter et pyjama chinois de soie noire sur souliers vernis. Plutôt décontracté. A 68 ans, Martha Argerich a gardé sa beauté sauvageonne. La sombre et longue chevelure s'est éclaircie, sempiternellement dénouée, qu'elle assagit parfois du plat de la main entre deux traits de clavier. Le regard n'a rien cédé de son acuité ni le jeu de son autorité. S'il a paru parfois moins précis et véloce, du moins est-t-il toujours impérieux et inspiré.
Le Rondo pour piano à quatre mains D. 951 est le dernier composé par Schubert en mai 1828, quelques mois avant sa mort. C'est une promenade sereine et vaguement égarée, comme déjà détachée du monde. Le duo prend garde d'en exalter les bribes de chant et les allégresses passées. La Suite op. 97, extraite du ballet Cendrillon, de Prokofiev (composé entre 1940 et 1945), a été transcrite pour deux pianos par Mikhaïl Pletnev (un génial pianiste russe) : il l'a créée avec Martha Argerich en 2003. Œuvre âpre et virtuose, densément expressive, qui passe de la sensualité miroitante et ravélienne de l'« Hiver » à la trépidation rythmique d'un « Printemps » surgi comme un diable de sa boîte.
Race et abattage
Tout le contraire du Casse-Noisette de Tchaïkovski, dont la célèbre Suite pour orchestre op. 71a, bien que tirée du ballet éponyme op. 71, fut jouée bien avant lui. La transcription pour deux pianos est celle du pianiste chypriote Nicolas Economou, accidentellement disparu à 40 ans en 1993, après l'avoir créée, dix ans auparavant, toujours avec Martha Argerich. Une merveille de finesse (« Danse de la fée Dragée »), de nostalgie (« Danse des mirlitons ») et d'impérieuse sensualité (« Valse des fleurs»). Enfin la Deuxième Suite pour deux pianos de Rachmaninov est jouée avec beaucoup d'ardeur, de race et d'abattage, au détriment parfois d'une parfaite cohésion - mais quels musiciens !
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Marie-Aude Roux

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